Lettre hebdomadaire de VEGA IM - 24/06/2019

25 juin 2019

Un résumé des temps forts de  la semaine écoulée sur les marchés financiers
par Yannick Jamot, Gérant sous mandat chez VEGA IM 

Dans la course que semblent se livrer les banquiers centraux pour savoir qui pratiquera la politique monétaire la plus accommodante, Mario Draghi a clairement marqué des points cette semaine. À la différence de sa précédente intervention, où il avait laissé les marchés sur leur faim en se contentant de communiquer sur un report de six mois avant le lancement du processus de normalisation monétaire, le président de la BCE s'est montré plus vindicatif cette fois-ci, en délivrant un message sensiblement comparable au célèbre "whatever it takes" de 2012 sans toutefois aller jusqu'à imiter la rhétorique. En substance, l'institut de Francfort est bien décidé à utiliser tous les moyens à sa disposition pour favoriser un retour de la dynamique des prix vers la cible d’inflation (2%) et ainsi éviter un scénario déflationniste à la japonaise que le plongeon actuel des anticipations d'inflation laisse clairement craindre. Parmi les stimuli monétaires à sa disposition, Mario Draghi a rappelé qu'il restait une "marge considérable" pour davantage de rachats d'actifs et qu’une baisse du taux de dépôt était désormais envisageable.

Des taux au plus bas

Les marchés obligataires ont salué cette intervention en envoyant les rendements des emprunts d’états vers des plus bas historiques, à l'instar de ceux du Bund Allemand et de l'OAT française, qui ont chuté respectivement jusqu'à -0,32% et -0,01%. Dans le même temps, l’euro passait sous le seuil de 1,12 dollar pour toucher un plus bas de deux semaines.

Ce mouvement n’est pas passé inaperçu outre-Atlantique. Ainsi, D. Trump s’est rapidement fendu d’un Tweet accusant implicitement la BCE d'alimenter une guerre des changes. De son côté, la Fed, à l’occasion de sa réunion mensuelle, a rappelé sa détermination à agir pour soutenir "l’expansion" de l’économie américaine, ouvrant la voie à de futures baisses de taux directeurs (les marchés anticipent la première le 31 juillet avec une quasi certitude). L’environnement inflationniste actuel ne devrait pas constituer un obstacle à une telle intervention dans la mesure où les nouvelles prévisions de l’institut d’émission sont orientées à la baisse, à respectivement 1,8 % et 1,9 % pour 2019 et 2020 contre 2% en mars.  

Convaincus du soutien massif de l’ensemble des grands argentiers de la planète dans l’hypothèse d’une dégradation de l’environnement, les marchés ont sensiblement rebondi sur la semaine, regagnant la quasi-totalité du terrain perdu en mai. Le S&P 500 s’est même offert un nouveau record historique en séance, à 2 958 points.

En progression de 4% sur la semaine, l’or, qui a clôturé vendredi à quelques encablures des 1 400 dollars l’once, retrouve un niveau qu’il n'avait plus atteint depuis 6 ans. Le métal Jaune a profité d’une conjonction d’éléments favorables avec la baisse des taux, la faiblesse du dollar et la résurgence de tensions géopolitiques.

Cette semaine s’ouvre avec le G20 en ligne de mire, qui se tiendra à Osaka, où D. Trump et Xi Jinping ont prévu de se rencontrer. Des déclarations autour des questions commerciales sont bien évidemment attendues.

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