Lettre Hebdomadaire - 06/05/2019

Paris, France, 7 mai 2019

Un résumé des temps forts de la semaine écoulée sur les marchés financiers
par Yannick Jamot, Gérant sous mandat chez VEGA IM

> Les marchés actions ont très légèrement consolidé sur la semaine écoulée, contrariés par un discours de la Fed à la tonalité moins accommodante qu’attendue. Alors que les indices actions, qui ont largement profité du changement d’orientation de la politique monétaire américaine depuis le début d’année, avaient sans doute d’ores et déjà acté du calendrier et de l’orientation du prochain mouvement des taux directeurs, Jerome Powell a quelque peu refroidi les attentes. Allant jusqu'à évoquer une croissance solide et une activité économique progressant sur un rythme « soutenu » au cours des dernières semaines, le président de la Réserve Fédérale ne voit pas de raison tangible pour ajuster sa politique à brève échéance. Dans le même sens, il a également rappelé la solidité du marché du travail tout en continuant à attribuer la faiblesse actuelle de l’inflation à des phénomènes transitoires. Intervenu dans la foulée de ces déclarations, le rebond des taux longs américains ne s’est néanmoins pas confirmé, la série d’indicateurs publiés par la suite plaidant plutôt pour une modération de la croissance américaine. Ainsi, les résultats des enquêtes ISM au titre du mois d’avril, que ce soit pour le secteur manufacturier ou bien celui des services, ressortent en deçà des attentes, bien qu'ils se maintiennent à des niveaux satisfaisants. Dans les deux cas, la chute du sous-indice des nouvelles commandes ne milite pas pour une inflexion dans la tendance actuelle à la décélération. Le sous-indice des prix acquittés recule également plus qu’attendu. Toutefois, le rapport sur l’emploi publié vendredi a rappelé la dynamique toujours positive du marché du travail avec la création de 263.000 postes non-agricoles et un taux de chômage au plus bas depuis 49 ans, à 3,6% (en raison d'une baisse du taux de participation).  

Croissance encourageante en Europe

En Chine, l’orientation de l'activité manufacturière peine à se maintenir en territoire positif. L'indice PMI manufacturier calculé par Caixin/Markit se replie à 50,2 en avril, après avoir atteint un plus haut sur huit mois en mars, à 50,8.

Les signaux encourageants sont plutôt à rechercher du côté de l'Europe. Après le coup de frein observé fin 2018, la croissance de la zone euro a rebondi plus fortement que prévu au premier trimestre et le chômage est tombé à son plus bas niveau depuis plus d'une décennie selon les données d'Eurostat. Le PIB a progressé de 0,4% par rapport aux trois mois précédents, après 0,2% au 4ème trimestre et 0,1% au 3ème. Dans le détail, la France connait une croissance stable à 0,3%, l'Espagne fait état d'une expansion de 0,7%, le rythme le plus élevé depuis fin 2017, et l'Italie affiche une croissance de 0,2%, suffisante pour sortir le pays de récession. Au niveau micro-économique, le rythme des révisions baissières des résultats enregistrés par les entreprises européennes ralentit et des signes d’inflexion apparaissent.

Positionnement de nos portefeuilles : vers un retour à la neutralité sur les actions ?

Nous avions précédemment évoqué la complaisance des investisseurs dans la dernière partie du mouvement de hausse qu’ont connu les marchés depuis le début d’année. Certains signaux tels que l’absence de flux acheteurs de la part des investisseurs finaux nous incitaient à adopter une attitude plus prudente en fin de trimestre et, en conséquence, à sous-pondérer les actions dans nos portefeuilles. Depuis ce week-end, les questions commerciales sont revenues au premier plan, interrompant au passage l’ascension des bourses. Les menaces proférées par le président Trump peuvent être interprétées soit comme une stratégie pour remettre la pression sur son partenaire chinois soit comme une tactique pour éviter qu'à l’occasion de la prochaine campagne présidentielle le camp des démocrates ne puisse lui reprocher d’avoir obtenu un accord à minima (c’est-à-dire uniquement cantonné aux questions tarifaires sans englober l’épineuse question des droits de propriété intellectuelle).

Aussi, nous pensons mettre à profit ce mouvement de correction pour nous repositionner à la neutralité sur les actifs risqués. Au-delà des problèmes géopolitiques, le changement d’orientation de politique monétaire américaine constitue le principal soutien aux marchés.

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