Les actions plébiscitées par des investisseurs moins averses au risque

Paris, France, 3 janvier 2017

Avant même sa prise de fonction à la Maison Blanche, Donald Trump a modifié la perception du risque entre les classes d’actifs. D’après les données publiées récemment par Bank of America, les marchés actions ont collecté plus de 60 milliards de dollars depuis l’élection du controversé milliardaire américain, alors que dans le même temps, les marchés obligataires décollectaient (- 36 milliards de dollars).

Le plus frappant : ces flux investis en actions ne sont pas seulement dus aux arbitrages d’une classe d’actifs vers l’autre mais témoignent d’un mouvement plus large dans lequel les investisseurs retrouvent de l’appétit pour le risque. Pour preuve, sur la seule semaine du 8 au 15 décembre et alors que les actions collectent massivement (autour de 21 milliards de dollars), les investisseurs sortent du cash (- 10 milliards de dollars contre - 4 milliards pour les obligations). 
Autre signe de ce nouvel engouement pour les actions, le retour d’une collecte positive sur les marchés européens et émergents. Si les fonds américains restent loin devant, les fonds actions européens et émergents retrouvent des flux entrants, signe d’une détente de l’aversion au risque globale.

Flux entre classes d’actifs en millions de dollars

Sources : BofA

Comment expliquer ce phénomène ? Trois raisons nous semblent essentielles : la remontée des taux longs, les anticipations d’une future politique fiscale favorable aux ménages et aux entreprises aux États-Unis et la valorisation relative des actions, sur laquelle nous reviendrons à la fin de cet article. L’élection de Donald Trump est donc au cœur de cette nouvelle donne : ses promesses d’une fiscalité plus attractive et d’un programme de relance budgétaire ont nourri les anticipations d’une croissance plus forte, avec dans une économie au plein emploi (selon les statistiques officielles) des perspectives de hausse de l’inflation, et une remontée des taux longs. La perception du risque est donc désormais en faveur des marchés actions alors que les gérants obligataires redoutent une poursuite de la hausse des taux longs.

Mais l’effet « Trump » n’explique pas tout. Le cycle économique mondial, depuis la stabilisation du prix du pétrole, se porte mieux. Indicateurs avancés du moral des acteurs économiques, les indices PMI sont pour 80 % d’entre eux à travers le monde, supérieur à 50 % (d’après Markit), ce qui signifie qu’une accélération de l’économie est sur les rails.  Aux États-Unis, l’indicateur avancé ECRI pointe aussi une accélération du cycle.

Un cycle mondial qui accélère

Sources : Bloomberg, VEGA-IM

Enfin, en tant que classe d’actifs, les actions affichent une valorisation attractive pour les investisseurs. Alors que les angoisses déflationnistes ont perdu de leur intensité, les marchés redoutent désormais le risque inverse : une remontée rapide des taux longs suite à la hausse de l’inflation. S’il existe notamment aux États-Unis, l’Europe en est encore loin ! Quoiqu’il en soit, les craintes d’une contagion de la hausse des taux américains au Vieux Continent et d’une remontée rapide des prix de l’énergie incitent à la prudence sur les marchés obligataires. Et les actions retrouvent toute leur place dans les allocations d’actifs !

Une valorisation relative attractive1

Source : Datastream, VEGA IM

Benoît Peloille, multigérant

Ecart entre le taux risque (taux 10 ans) et l’inverse du P/E des actions. Dès lors où l’inverse du P/E des actions est supérieur au taux sans risque, les actions sont plus attractives que les obligations souveraines pour un investisseur.

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